Accueil > Planete Raid > Pause culture > En Maurienne, la barrière de l’Esseillon
 

En Maurienne, la barrière de l’Esseillon

A la fin des guerres de la Révolution et de l'Empire , les Etats de Savoie restaurés doivent se protéger d'une nouvelle invasion française en implantant des barrières efficaces dans les vallées des Alpes occidentales.

La barrière d'EsseillonL'immense citadelle de La Brunette qui défendait la ville de Suse sur le versant Piémontais est démantelée sur ordre de Bonaparte. Aussi, pour préserver Turin et la nouvelle route carossable construite par napoléon pour passer le Mont Cenis, les Etats de Savoie et leurs alliés autrichiens décident alors d'établir la ligne de défense sur le versant mauriennais des alpes en utilisant la barrière naturelle de l'Esseillon. En amont de Modane, sur les communes d'Aussois et d'Avrieux, se dressent les silhouettes imposantes des forts de l'Esseillon : 5 forts, portant le nom des souverains de la famille de Savoie, construits entre 1819 et 1834, pour protéger les Etats de Savoie d'une nouvelle tentative d'invasion française.

Rive gauche de l'Arc, et défendant directement la toute nouvelle route impériale voulue par napoléon Ier, la Redoute Marie-Thérèse a l'allure d'un fer à cheval ; elle est alors complétée par un corps de garde qui commandait le pont tournant.

Rive droite de l'Arc, et protégeant Marie-Thérèse, le fort Vctor-Emmanuel est aussi le plus important, destiné  accueillir une garnison pouvant atteindre 1500 hommes. A mi-pente, le petit fort Charles félix est en partie détruit après 1860 lors du rattachement de la Savoie à la France. En haut, le fort Marie-Christine surveille le plateau d'Aussois, et protège Charles-Félix et Victor-Emmanuel. Il devait être aidé en cela par Charles-Albert, qui ne sera jamais achevé. Mal adapté aux progrès de l'artillerie, ces forts ont été déclassés en 1883.

La barrière d'EsseillonPendant la dernière guerre, ils ont été successivement occupés par l'armée des Alpes, les Italiens, puis les Allemands... L'armée s'en dégage à la fin des années 1960. Sauvés par quelques bonnes volontés, l'association Remparts et celle des forts de l'Esseillon, ils retrouvent progressivement une nouvelle vie grâce à une procédure de classement Monuments Historiques et à un programme de sauvegarde soutenus par les propriétaires, Avrieux et Aussois, l'Etat, le département de la Savoie et la Région Rhône-Alpes. Depuis la fin des années 1990, Marie-Christine est une des portes du Parc national de la vanoise et abrite un gîte et un restaurant réputé, Victor-Emmanuel et Marie-Thérèse connaissent de fréquentes animations estivales (théâtre, musique, art contemporain, via ferrata).